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L'Opinion, ça se travaille...

Réf.: lib-5

Parution : 13 octobre 2014 (sixième édition actualisé et augmentée)
Éditeur : Agone
Format papier : 272 pages (11 cm x 18 cm)
ISBN : 9782748902198

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Disponibilité: Disponible Hors stock
Prix promo 12,50 € Prix normal 12,50 €

Quatrième de couverture

« On a tiré toutes les ­leçons de nos erreurs passées » et « traitement exemplaire » constituent les ­formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre.

Pourtant, d’un conflit à l’autre, dans une ambiance rédactionnelle où dominent les va-t-en-guerre et le simplisme des analyses binaires, le parallélisme des expressions laisse ­songeur. Des raisons humanitaires accompagnent toutes les politiques d’intervention, missile au poing. Et l’absence d’informations fiables n’empêche pas la machine médiatique de tourner à plein régime.

Exemples à l’appui, du Kosovo à la Libye, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des vingt-cinq dernières années – et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une ­collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme.

Présentation du livre

Le chapitre inaugural – « Propagande de guerre » – résume les principales explications du rôle joué par les médias : la propriété des médias, l’influence du pouvoir politique en général, l’évolution interne aux média eux-mêmes. Puis les auteurs soulignent le « poids de l’ignorance », s’arrêtent sur la floraison de « amalgames », évoque l’« autosatisfaction » des responsables des médias (en dépit de la répétition de leurs errements). Un « petit lexique de la propagande en temps de guerre » actualisé avec le conflit en Libye, conclut cette introduction.

Les deux chapitres suivants sont consacrés à la guerre du Kosovo. Le premier d’entre eux – « Quand le doigt montre la Lune » – souligne à quel point et comment la place accordée à la tragédie humaine a conditionné la totalité des informations et occulté tout débat.

Le second chapitre consacré à la guerre du Kosovo – « Chronique d’un génocide annoncé » – s’étend longuement, comme l’indique son titre sur la surenchère qui a assimilé les massacres perpétrés au Kosovo à un génocide : De l’« emballement des chiffres » à la quasi-négation de la « contre-épuration ethnique » des Serbes par les albanophones, en passant par l’invention d’un « Plan fer à cheval » d’extermination des albanophones du Kosovo. Le tout couronné par les proclamations quasi-unanimes déclarant que les médias ont été « exemplaires ». Un « Post-scriptum de 2006 », intitulé « La Preuve du pudding » tire le bilan – sept ans après – de la couverture médiatique de la guerre.

C’est à l’invasion de l’Afghanistan qu’est consacré le chapitre suivant – « Du World Trade Center à Kaboul ». Il montre comment la plupart des grands médias ont renforcé par leur propre propagande la propagande des gouvernements – à commencer par celui des États-Unis – et comment, une fois de plus, les porte-voix de ces mêmes médias se sont déclarés satisfaits du travail accompli.

Le cinquième chapitre – « Irak : La guerre impopulaire » souligne que l’abstention du gouvernement français explique en grande partie pourquoi ni les préparatifs de la guerre, ni l’invasion n’ont bénéficié ouvertement du renfort de la propagande médiatique. Mais « la militarisation de l’information », la « rhétorique de guerre » et les appels à un « retour à l’ordre… mondial » ont profondément marqué les informations et les commentaires.

Enfin, le dernier chapitre - « Et Bernard-Henri Lévy bombarda la Libye… » - complète les précédentes éditions. Il est consacré à l’intervention militaire en Libye et au rôle joué plus particulièrement par le philosophe de télévision dans la mise en scène de cette guerre. Il y est question de l’enthousiasme des éditorialistes, « le doigt sur la gâchette », à voir la France en première ligne (« Cocorico ! » ont-ils repris en chœur), du « marathon médiatique de BHL » ainsi que du « service après-vente » (livre et film) assuré par BHL lui-même et épaulé par des médias toujours complaisants.

Le livre s’achève par une « Chronique des événements » (indispensable pour se remettre les faits en mémoire) et une bibliographie sélective.

Les auteurs

Serge Halimi et Dominique Vidal sont journalistes au Monde diplomatique ; Henri Maler et Mathias Reymond co-animent l’observatoire des médias Acrimed.